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Discutons le monde, encore et encore, avec passion, avec intelligence. Nous devons admettre que nos marques sont floues, nos appuis peu assurés, nos leviers trop courts, et le doute nous prend devant l'ampleur des mouvements en cours : les difficultés économiques, sociales et politiques de l'Europe, de l'Amérique aussi, le conflit Israëlo-Palestinien sans issue, l'Afrique encore tellement fragile, les délires iraniens, afghans et pakistanais, les retours de flammes possibles en Inde ou en Chine. Nous sommes affaiblis et perplexes et la faiblesse concerne aussi bien nos institutions :
Hors les faux événements bling-bling et sportifs, le vote populaire, nationaliste, xénophobe et réactionnaire est le grand événement, élection après élection, dans toute l'Europe. Monsieur Tout Le Monde, mal en point, grincheux et n'attendant plus rien de bon, se met sur la pointe des pieds, se hisse du col, et enquiquine les "élites modernes" comme il peut, autant qu'il peut, avec son vote provocateur. Il tente un dernier coup dégradant et dangereux. Contre tous les principes, sous l'empilement des problèmes mal traités et dont ils paient les pots cassés, on déplore nos beaufs mais on ne parvient pas à les condamner sans appel, comme on condamne encore leurs inspirateurs démagogues et nationalistes. Mais ça bouge de l'autre côté de la Méditerranée, plutôt dans le bon sens. En Tunisie, en Egypte, en Lybie, en Syrie, il est bien des raisons d'une espérance qui se fait rare. L'espoir vient du sud, des femmes et des hommes du Maghreb et du Moyen-Orient qui se sont soulevés et qui prennent tous les risques au nom du bien-être et de la liberté. Ils sont une tempête de sable qui vient gratter, étouffer, ensevelir sous terre quelques méchants nababs accapareurs et sans scrupules. Une tempête qui en faisant entrer leur pays, et les mouvements islamistes conservateurs dans la sphère démocratique enterre définitivement le "choc des civilisations", cette vilaine crispation réciproque sur des valeurs régressives. En passant, ce vent chaud qui vient du sud, nous réchauffe le coeur. Les démocrates progressistes en rébellion dans les pays arabes sont notre réconfort, comment les soutenir ? |
Des rencontres publiques pour partager l'expérience de la transition démocratique sur les deux rives de la Méditerranée et mieux comprendre le plus important mouvement social depuis les révolutions démocratiques des pays d'Europe Centrale, se sont tenus : Samedi 26 novembre de 9h30 à 19h
Les révolutions victorieuses dans les pays arabes ont permis à certaines de ces sociétés une expression libre et créative hors du carcan des dictatures, à l'encontre des préjugés occidentaux qui n'imaginaient pas d'autres aspirations que la paix civile des dictateurs ou l'Islam radical. Les objectifs affichés de ces révolutions ont porté exclusivement sur la liberté et l'amélioration des conditions de vie. Pourtant après les élections en Tunisie et le succès du parti conservateur et religieux Ennahda se pose avec acuité la question de la cohabitation, dans des démocraties en construction, de partis islamistes puissants et de forces démocrates modernistes ou progressistes, majoritaires mais divisées. Toutes les composantes sociales et politiques ont été brimées par la dictature et bénéficient de la transition démocratique dont elles sont les acteurs légitimes. Mais le populisme identitaire et religieux du parti Ennahda, sera source de pressions incessantes sur la société civile et politique. Les difficultés sont donc nombreuses dans l'établissement de la démocratie et la Tunisie n'échappera à aucune. L'Europe dispose d'une longue expérience de la transition vers la démocratie, tant elle a subi les dictatures. De la chute des fascismes au sud de l'Europe (Grèce, Espagne, Portugal) à la fin de la guerre en ex-Yougoslavie, en passant par la chute du mur de Berlin qui ramena à l'Europe et à la démocratie une dizaine de pays du bloc de l'est, c'est une moitié des nations européennes qui ont fait dans les 40 dernières années l'expérience d'une transition démocratique. A la sortie des dictatures les pays européens ont eu à affronter des problèmes de même nature, même s'ils ne sont pas identiques à ceux que rencontre aujourd'hui la Tunisie : quelle constitution et quel système électoral ? Comment juger les criminels et comment traiter les personnels d'autorité de l'ancien régime ? Comment identifier et indemniser les victimes ? Comment redistribuer les richesses, lutter contre la corruption, comment réorganiser l'économie, la restaurer après la dictature et la révolution, comment maintenir un réel progrès social qui assure l'adhésion à la démocratie ? Comment assurer l'indépendance des media ? Comment maintenir ou ramener dans le jeu démocratique les composantes conservatrices et nostalgiques, les composantes politiques plus radicales que démocrates ? Les conditions d'exercice de démocraties fortes et stables concernent aussi bien la Tunisie que l'ensemble des pays européens. L'appauvrissement relatif de l'Europe qui l'a conduit, sous la contrainte du marché mondial, à proposer des réponses technocratiques sans consentement populaire, génère aussi un risque d'affaiblissement de l'adhésion à la démocratie. Action Tunisienne et Initiative Citoyens en Europe proposent de partager ces expériences sur les deux rives de la Méditerranée avec des invités pour moitié tunisiens et pour moitié européens, lors de rencontres publiques. Thèmes et intervenants Samedi 26 novembre 2011 de 9h30 à 19h - 9h45 : Ouverture des rencontres
Dimanche 27 novembre 2011 de 10h45 à 19h - 11h : Nouvelles formes d'information et d'organisation
Reportage photo du collectif tunisien Shutter Party avant et après les élections pour l'assemblée constituante Avec le soutien de :
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Modifié le 11/03/2012