Initiative Citoyens en Europe

Le TPIY lance un mandat d'arrêt contre Florence Hartmann     

Le 17 novembre 2011, contre la liberté d'investigation des journalistes, contre le droit à l'information, contre le sentiment de justice et d'équité, contre quelqu'un qui a tant fait pour l'exercice de la justice internationale, l'expression de la vérité et les victimes de crimes en ex-Yougoslavie, le TPIY a publié la requête suivante : « Il est par la présente ordonné à la République française de rechercher, d'arrêter, d'écrouer et de remettre rapidement au tribunal Florence Hartmann dont l'amende de 7 000 euros a été transformée en une peine de sept jours de prison ». Lire l'article de Florence Hartmann, les fiches explicatives, la pétition des juristes et des personnalités, les pages incrimités de Paix et Chatîment et la signature de la pétition.

Mardi 19 juillet 2011, le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie a confirmé en appel la condamnation de Florence Hartmann pour outrage au Tribunal et plus précisémment pour « divulgation du raisonnement juridique de décisions confidentielles ». La peine est assortie d’une amende de 7 000 euros. La journaliste et ancienne porte-parole du procureur du TPIY dénonce un verdict contraire aux règles internationalement reconnues et à la convention européenne des Droits de l'Homme. Par cette décision, le TPIY a montré qu’il ne renonce pas à recourir à la censure pour empêcher toute forme de critique à l'’encontre des juges internationaux. Lire le communiqué de presse.

L'Europe et ses voisins

Un vent du sud qui nous réchauffe le coeur

Mars 2011

Discutons le monde, encore et encore, avec passion, avec intelligence. Nous devons admettre que nos marques sont floues, nos appuis peu assurés, nos leviers trop courts, et le doute nous prend devant l'ampleur des mouvements en cours : les difficultés économiques, sociales et politiques de l'Europe, de l'Amérique aussi, le conflit Israëlo-Palestinien sans issue, l'Afrique encore tellement fragile, les délires iraniens, afghans et pakistanais, les retours de flammes possibles en Inde ou en Chine.

Nous sommes affaiblis et perplexes et la faiblesse concerne aussi bien nos institutions :

  • L'Europe est neutralisée par les égoïsmes nationaux et la "vision britannique", minimaliste, largement partagée. Les contre-mesures à la crise de la dette sont toutes techniques, sans assentiment ni volet politique, confirmant la carence démocratique de l'Europe.
  • L'Amérique, hors l'économie numérique, se découvre chômeuse comme les autres pays occidentaux, dépendante de l'économie mondiale, et sans ressort en propre.
  • Le capitalisme européen est dans le train-train, ça accumule entre les bulles, méthodiquement, chacun pour soi, où ça peut encore accumuler.
  • Le progrès social, on n'y croit plus trop dans la vieille Europe trop endettée, alors que faire, que proposer ? La décroissance, la rigueur dans les programmes sociaux, la misère lente ?
  • En République Française, faute de plus haute perspective, on joue de multiples parties, à qui sera chef, comme des notables de province.

Hors les faux événements bling-bling et sportifs, le vote populaire, nationaliste, xénophobe et réactionnaire est le grand événement, élection après élection, dans toute l'Europe. Monsieur Tout Le Monde, mal en point, grincheux et n'attendant plus rien de bon, se met sur la pointe des pieds, se hisse du col, et enquiquine les "élites modernes" comme il peut, autant qu'il peut, avec son vote provocateur. Il tente un dernier coup dégradant et dangereux. Contre tous les principes, sous l'empilement des problèmes mal traités et dont ils paient les pots cassés, on déplore nos beaufs mais on ne parvient pas à les condamner sans appel, comme on condamne encore leurs inspirateurs démagogues et nationalistes.

Mais ça bouge de l'autre côté de la Méditerranée, plutôt dans le bon sens. En Tunisie, en Egypte, en Lybie, en Syrie, il est bien des raisons d'une espérance qui se fait rare. L'espoir vient du sud, des femmes et des hommes du Maghreb et du Moyen-Orient qui se sont soulevés et qui prennent tous les risques au nom du bien-être et de la liberté. Ils sont une tempête de sable qui vient gratter, étouffer, ensevelir sous terre quelques méchants nababs accapareurs et sans scrupules. Une tempête qui en faisant entrer leur pays, et les mouvements islamistes conservateurs dans la sphère démocratique enterre définitivement le "choc des civilisations", cette vilaine crispation réciproque sur des valeurs régressives. En passant, ce vent chaud qui vient du sud, nous réchauffe le coeur. Les démocrates progressistes en rébellion dans les pays arabes sont notre réconfort, comment les soutenir ?

Des rencontres publiques pour partager l'expérience de la transition démocratique sur les deux rives de la Méditerranée et mieux comprendre le plus important mouvement social depuis les révolutions démocratiques des pays d'Europe Centrale, se sont tenus :

Samedi 26 novembre de 9h30 à 19h
Dimanche 27 novembre 2011 de 10h30 à 19h
Petit auditorium de la Bibliothèque François Mitterrand, à Paris 13ème
Hall Est, côté MK2, Avenue de France
Voir le plan d'accès et les transports

      TUNISIE-EUROPE : les transitions démocratiques

Les révolutions victorieuses dans les pays arabes ont permis à certaines de ces sociétés une expression libre et créative hors du carcan des dictatures, à l'encontre des préjugés occidentaux qui n'imaginaient pas d'autres aspirations que la paix civile des dictateurs ou l'Islam radical. Les objectifs affichés de ces révolutions ont porté exclusivement sur la liberté et l'amélioration des conditions de vie. Pourtant après les élections en Tunisie et le succès du parti conservateur et religieux Ennahda se pose avec acuité la question de la cohabitation, dans des démocraties en construction, de partis islamistes puissants et de forces démocrates modernistes ou progressistes, majoritaires mais divisées. Toutes les composantes sociales et politiques ont été brimées par la dictature et bénéficient de la transition démocratique dont elles sont les acteurs légitimes. Mais le populisme identitaire et religieux du parti Ennahda, sera source de pressions incessantes sur la société civile et politique. Les difficultés sont donc nombreuses dans l'établissement de la démocratie et la Tunisie n'échappera à aucune.

L'Europe dispose d'une longue expérience de la transition vers la démocratie, tant elle a subi les dictatures. De la chute des fascismes au sud de l'Europe (Grèce, Espagne, Portugal) à la fin de la guerre en ex-Yougoslavie, en passant par la chute du mur de Berlin qui ramena à l'Europe et à la démocratie une dizaine de pays du bloc de l'est, c'est une moitié des nations européennes qui ont fait dans les 40 dernières années l'expérience d'une transition démocratique. A la sortie des dictatures les pays européens ont eu à affronter des problèmes de même nature, même s'ils ne sont pas identiques à ceux que rencontre aujourd'hui la Tunisie : quelle constitution et quel système électoral ? Comment juger les criminels et comment traiter les personnels d'autorité de l'ancien régime ? Comment identifier et indemniser les victimes ? Comment redistribuer les richesses, lutter contre la corruption, comment réorganiser l'économie, la restaurer après la dictature et la révolution, comment maintenir un réel progrès social qui assure l'adhésion à la démocratie ? Comment assurer l'indépendance des media ? Comment maintenir ou ramener dans le jeu démocratique les composantes conservatrices et nostalgiques, les composantes politiques plus radicales que démocrates ?

Les conditions d'exercice de démocraties fortes et stables concernent aussi bien la Tunisie que l'ensemble des pays européens. L'appauvrissement relatif de l'Europe qui l'a conduit, sous la contrainte du marché mondial, à proposer des réponses technocratiques sans consentement populaire, génère aussi un risque d'affaiblissement de l'adhésion à la démocratie.

Action Tunisienne et Initiative Citoyens en Europe proposent de partager ces expériences sur les deux rives de la Méditerranée avec des invités pour moitié tunisiens et pour moitié européens, lors de rencontres publiques.

Thèmes et intervenants

Samedi 26 novembre 2011 de 9h30 à 19h

- 9h45 : Ouverture des rencontres

  • 10h : Un documentaire sur la police politique en Tunisie réalisé par Kérim Bouzouita et Thameur El Mekki, présenté par Farah Hached (Avocate, Présidente du Labo Démocratique)
- 10h45 : Archives, police politique, réforme judiciaire
  • Antoine Garapon (Magistrat, Secrétaire Général de l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice)
  • Farah Hached (Avocate, Présidente du Labo Démocratique)
  • Jérôme Heurtaux (Universitaire, auteur de "1989 À l'Est de l'Europe. Une mémoire controversée")
- 14h : Institutions, vie politique et débat religieux
  • Ghazi Graïri (Ancien porte-parole de la Haute Instance pour la Réalisation des Objectifs de la Révolution HIROR, Secrétaire Général de l'Académie Internationale du Droit Constitutionnel)
  • Samy Ghorbal (Journaliste, analyste politique, auteur de "Orphelins de Bourguiba et héritiers du Prophète")
  • Marcela Ferrari (Historienne argentine)
  • Noura Borsali (Journaliste, universitaire, essayiste, ex-membre de la HIROR)
  • Gilbert Nacache (Ecrivain et homme politique)
- 16h30 : Développement économique et solidarité (décentralisation, micro-crédit et formation)
  • Daniel Cohen (Professeur d'économie à l'ENS)
  • Maria Novak (Economiste, Présidente-fondatrice de l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique)
  • Mickaël Cracknell (Co-fondateur de l'association de micro-crédit ENDA)
  • Mohamed Ali Marwani (Economiste)

Dimanche 27 novembre 2011 de 10h45 à 19h

- 11h : Nouvelles formes d'information et d'organisation
  • Bruno Marzloff (Sociologue)
  • Nicolas Diaz (Responsable du système d'information de la FIDH)
  • Khelil Ben Osmane (Cofondateur du site fhimt.com)
- 14h : Ethique, journalisme, indépendance des medias
  • Wojciech Mazowiecki (Journaliste polonais)
  • Riadh Guerfali (Fondateur du site nawaat.org)
  • Florence Hartmann (Journaliste, essayiste, ancien porte-parole du procureur du TPIY)
  • Noura Borsali (Journaliste, universitaire, essayiste, ex-membre de la Haute Instance pour la Réalisation des Objectifs de la Révolution)
- 15h30 : Femmes tunisiennes, une garantie pour la transition
  • Sophie Bessis (Historienne, Directrice de Recherche à l'IRIS)
  • Fathia Hizem (Association Tunisienne des Femmes Démocrates)
  • Rania Majdoub (Association Unis Vers Elles)
  • Michèle Sabban (Vice-présidente de la région Ile-de-France)
- 17h30 : Débat : Société civile et engagement citoyen
  • Gilbert Nacache (Ecrivain et homme politique)
  • Andrej Nosov (membre de Youth Initiative for Human Rights dans les balkans)
  • Lama Atassi Fevrier (membre de l'opposition syrienne)

Reportage photo du collectif tunisien Shutter Party avant et après les élections pour l'assemblée constituante

Avec le soutien de :

Le Conseil Régional d'Ile de France
La Mairie de Paris
Place Publique
00216 mag - Tunisiens du monde

Modifié le 10/12/2011